Maison CFC

La Réponse d’Ulysse et autres textes sur l’Occident de Philippe Lacoue-Labarthe | Textes réunis et présentés par Aristide Bianchi et Léonid Kharlamov

Rencontre | Essais

Le samedi 13 juin 2026
À la Maison CFC, à 12h
P.A.F. : 5€

 

Une rencontre avec Aristide Bianchi, plasticien et Léonid Kharlamov, traducteur interprète, co-responsables de l’édition de plusieurs ouvrages posthumes de Philippe Lacoue-Labarthe. Entretien mené par Sami El-Hage.

« Personne » : telle est la réponse faite par Ulysse au cyclope qui voulait connaître son nom et ensuite le dévorer. Ce sera l’ultime ruse du héros dès lors pris au mot et précipité dans un périple aux confins de la mort avant d’accomplir son retour triomphal à Ithaque et fonder ainsi le schème même de l’histoire qui nous hante depuis Homère. « Personne », répond à son tour Philippe Lacoue-Labarthe à la question « Qui vient après le sujet ? ». Le sujet – celui-là même que l’Occident a toujours supposé ou cherché : depuis l’institution de la Cité grecque jusqu’à la mondialisation du petit sujet de l’économie marchande. L’Occident, ici, n’est crédité d’aucune identité. Au lieu de partir d’une qualité propre de l’Occident, il s’agit de comprendre que c’est justement son défaut d’identité qui produit les effets et les réalisations grandioses et désastreuses que l’on sait.

Colonisation et extermination sont ainsi au cœur de ce livre qui ne se contente pas de s’interroger sur la haine que suscite l’Occident ou de consigner les méfaits qui l’expliquent, mais s’affronte au vertige de son essence, à l’horreur qu’il porte en lui-même et qu’il exporte sans limite.

Philippe Lacoue-Labarthe (1940-2007), philosophe, écrivain et homme de théâtre, auteur du Sujet de la philosophie, de La Fiction du politique, de L’Imitation des modernes, n’a eu de cesse d’interroger la question de la modernité.

La Réponse d’Ulysse a été édité chez Lignes en 2012 (première édition), puis réédité chez le même éditeur en 2025.

Légende de la photographie de la couverture du livre : Robert E. Fries et porteurs photographiés par Eric von Rosen (Rhodésie - actuelle Zambie -, 1911), l'image est citée par Peter Nestler dans le film Tod und Teufel (2009).